Lancement du livre Canada Among Nations 2015: Elusive Pursuits

par Steve Saideman

Dans une semaine, le 29 octobre à midi, nous lancerons la prochaine édition de Canada Among Nations, Elusive Pursuits, Lessons from Canada’s Interventions Abroad. Le lancement aura lieu dans la salle 270, 2e étage, Residence Commons, à l’Université Carleton.

Quel est le sujet du livre? Chaque année, NPSIA évalue la place du Canada dans le monde dans un volume de Canada Among Nations. Depuis quelques années, cela se fait en partenariat avec le CIGI (Centre for International Governance Innovation). Cette édition a comme thème les leçons à tirer des interventions passées. Pourquoi? Parce que nous avons été profondément frustrés par les résultats mitigés et le refus du gouvernement de tirer des leçons.

L’Afghanistan devait être différent, le gouvernement ayant créé un exercice sérieux sur les leçons à tirer. Mais à la fin, celui-ci a été enterré. Non seulement j’ai été incapable d’y accéder via l’Accès à l’information (ma demande date déjà de plus de deux ans), mais aussi celui-ci n’a pas été disséminé à ceux qui élaborent et mettent en œuvre la politique étrangère et de défense du pays.

Nous avons donc décidé d’assumer la tâche d’examiner les efforts passés du Canada en vue de faire une différence devant la famine, les catastrophes humanitaires, la violence ethnique et le terrorisme. Avec l’élection de Justin Trudeau et une majorité libérale, la participation au maintien de la paix est susceptible d’être de nouveau en vogue. Évidemment, on n’a jamais cessé de déployer les forces canadiennes, mais c’était plutôt pour les efforts de l’OTAN que les missions de l’ONU. Le Canada n’a pas été tout simplement parmi les nations, comme le titre le suggère, mais dans celles-ci, cherchant à améliorer la vie de ceux qui subissent la violence, la dégradation et la misère.

Ce volume porte sur l’héritage de la mission en Somalie, les défis juridiques de la mission en Libye, les efforts du Canada en vue de façonner les événements dans le monde arabe, la politique intérieure relative à la mission en Afghanistan et aux opérations dans la zone de combat, la formation policière en Haïti ainsi que les interventions sous forme d’aide étrangère. Des chapitres thématiques portent sur le sexisme dans les Forces armées canadiennes, la Responsabilité de protéger en pratique, les interventions de Harper ainsi que les défis que poseront les interventions futures avec une société plus âgée faisant face aux problèmes d’un monde plus jeune.

Notre livre manque de conclusion parce que nous voulons que les gens tirent leur propre conclusion. Quelle conclusion est-ce que moi, j’ai tiré, de cet effort? Que l’humilité doit être un thème clé d’une politique étrangère/de défense canadienne :

  • Le Canada ne peut agir et n’agira pas tout seul, où que ce soit, et ne peut envoyer qu’un fragment de ce qu’il faut pour mener à bien toute opération. Mais le Canada se présente presque toujours quand ses alliés l’appellent.
  • Les bonnes intentions doivent être soigneusement examinées quant à leur impact pratique. Nourrir les gens est un bon objectif, mais cela pourrait modifier les rapports de force existants à mesure que l’aide alimentaire devient une marchandise dans l’économie de guerre.
  • Les agences peuvent varier énormément même quand elles aspirent au même objectif. Améliorer la position des femmes dans l’agence voulait dire des processus, buts et doctrines très différents chez les Affaires étrangères et les Forces armées canadiennes.
  • Ne pas s’engager dans un conflit comporte aussi des conséquences.
  • Le Canada est presque aussi impatient que toute autre démocratie. La formation policière, par exemple, ne se fait pas du jour au lendemain.
  • La façon de formuler nos politiques peut avoir un impact sur leur efficacité.
  • Être responsable est vraiment très difficile et très compliqué.

Ces conclusions peuvent être ramenées en grande partie à une seule leçon fondamentale : il faut être humble. Le Canada peut faire une différence dans plusieurs endroits difficiles dans le monde, mais les interventions constituent une tâche exigeante et compliquée et nécessitent plus de patience que nous en avons d’habitude. Choisir de ne pas intervenir comporte aussi des conséquences.

Qu’est-ce que j’ai appris à force de piloter ce volume avec Fen Hampson?

  • Les recherches canadiennes sur les affaires internationales ont un bel avenir, car à peu près la moitié des collaborateurs représentent la prochaine génération. Et ils font un travail formidable.
  • Produire un volume ayant la moitié des chapitres écrits par des femmes est vraiment très facile, puisqu’il y a de nombreuses femmes intelligentes qui font un travail remarquable sur la politique étrangère et de défense canadienne. En effet, il aurait fallu de grands efforts pour trouver un groupe de collaborateurs uniquement masculins.
  • Le Canada est un acteur bien plus intéressant et dynamique que je ne l’avais pensé en déménageant ici. Il s’implique, en effet, dans de nombreux contextes un peu partout dans le monde.
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